SPECTRUM

2015

Pas de deux entre l’ombre et la lumière

« Léonore Baud ne connaissait pas grand-chose du monde de la danse lorsque l’invitation à photographier le Béjart Ballet Lausanne lui a été faite. Mais au gré de son approche, et de la confiance établie avec la compagnie, elle s’est métamorphosée elle-même en danseuse, changeant sans cesse de position, au plus près de l’action. C’était la découverte d’un nouvel univers, ainsi que la chance de déplacer sa quête esthétique sur un territoire inédit. Léonore Baud aime cet entre-deux entre le réel et sa représentation, entre le document et son interprétation.

Un décor se présente qu’elle s’intéresse aussitôt à son envers. Une lumière jaillit et voilà qu’elle considère l’ombre qui la borde, parfois l’absorbe. Une manière de douter de la fidélité de la photographie à la réalité. Et d’interroger ce que l’on voit.

Sa série sur le BBL s’appelle « Spectrum », comme l’ensemble des ondes lumineuses, visibles ou invisibles. Mais également comme les présences spectrales, ou fantomatiques, qu’elle traque sur les théâtres que peuvent être une ville, une nature, un studio de cinéma. »

Luc Debraine

Une exposition a été organisée à la Galerie de La Source à Lausanne de décembre 2015 à mai 2016. Une édition limitée à 50 exemplaires signés et numérotés et 5 épreuves d’artiste a aussi été réalisée à cette occasion.

UNDERGROUND ACTE 1, SCÈNE 2

Underground-acte 1, scène 2

2009

De mars 2004 à septembre 2008, une dizaine de chantiers d’envergure ont profondément bouleversé Lausanne, du centre à la périphérie. Pendant les quatre ans qu’a duré le percement du nouveau métro, j’ai eu un accès permanent aux sites de cette entreprise colossale. Je cherche à capter des scènes anodines et éphémères, à saisir par bribes la perpétuelle évolution d’un chantier et m’approprier ainsi un pan de la réalité. Ce grand chantier se situe à la limite de l’imaginaire et de la fiction.Ce projet a été exposé au Musée historique de Lausanne de septembre 2009 à mars 2010. Un catalogue d’exposition a été publié pour cette occasion.

«Dans son travail photographique, Léonore Baud cède la place à des espaces, des éclairages ou des objets qui se présentent comme le décor d’une intrigue sans acteurs. Ce qui s’y joue en fait, c’est le point de vue de la photographe. Le plus souvent, la raison d’être du cliché sélectionné, exposé et publié se trouve dans un élément singulier, décalé, périphérique même qui donne le sentiment d’une mise en scène. Du coup, ce détail installe un doute sur le statut ou sur le genre de la photographie : sur sa qualité documentaire, objective, neutre. Ce doute est ce qui travaille les œuvres de Léonore Baud.» Philippe Kaenel, historien de l’art.

HÉSPERIDES I, MICHEL FRANÇOIS

Hespérides I, Michel François, 2009, mini DV, 10’25 »

Ce film a été tourné durant les deux semaines de montage de l’exposition, Hespérides I, Michel François, au Musée des Beaux-Arts de Lausanne. Il dévoile l’artiste quelques semaines avant le vernissage de l’exposition, dans son habit de « travailleur ». Divisé en cinq parties, chacune traitant une œuvre exposée, le film dévoile des secrets de coulisses ; les performances de l’artiste lors du montage de l’exposition. Il met également en exergue des propos de l’artiste Michel François et du commissaire de l’exposition Bernard Fibicher.

Ce film a été réalisé dans le cadre du mémoire professionnel de la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne. La création d’un support didactique multimédia est un postulat qui tente de définir ce qu’est l’art contemporain dans un cas concret, en s’appuyant sur une exposition consacrée à l’artiste belge Michel François. Ce travail a pour but de créer une interface entre espace muséal et enseignement et ainsi, motiver les professeurs à inclure l’art contemporain dans l’enseignement des arts au secondaire II.

J’AI BEAU T’AIMER

J’ai beau t’aimer, 2009, HDV, 25’27’’

Melissa vit avec son fils dans un foyer pour jeunes mères en difficultés. Elle jongle quotidiennement avec ses devoirs de mère et ses envies d’adolescente. Entre l’argent qu’elle peine à gérer, la structure éducative qui sans cesse la met à l’ordre et ses échecs scolaires… elle perd pied. N’entrevoyant pas d’autres solutions, elle finit par accepter une proposition que l’institution lui fait depuis plusieurs mois: placer son fils dans une famille d’accueil.

LES PÂTES EN BLANC

Les pâtes en blanc, 2007, Beta sp, 13’55″

«Léonore Baud (…) dresse le portrait sensible et délicat d’une jeune aveugle qui se prête avec beaucoup de malice et de gourmandise au jeu de la caméra. Car cet œil qui la scrute l’intrigue. Elle veut voir des images d’elle, savoir comment Léonore Baud la filme, comment joue la lumière sur elle, de quelle couleur est le pull qu’elle porte. Le questionnement de la protagoniste sur le monde des voyants fait tout l’intérêt et la singularité des Pâtes en blanc. Car si patiemment la réalisatrice lui décrit les images, nous ne saurons jamais la signification qu’elles ont pour l’adolescente.»

Cécile Tanner
Catalogue des « Visons du Réel », 2008

LES AMOUREUX DU NIL

Les amoureux du Nil, 2007, DV CAM, 21’ 49’’

Tourner un documentaire sur les amoureux au Caire: c’est le projet d’une jeune réalisatrice, qui se heurte rapidement à un terme à priori étranger à son travail : la censure. Petit voyage dans le monde du cinéma égyptien contemporain à la recherche de rencontres, de réponses et de confrontations aux images et à la réalité.

«Les amoureux du Nil pose une question fondamentale du cinéma du réel. Peut-on obliger les gens à être filmés ?»

Cécile Tanner
Catalogue des « Visions du Réel », 2008

MATTHEW JACKSON

Matthew Jackson, 2006, dv, 5’21 »

Ce film met en scène, par sa forme et son fond, le bégaiement d’un jeune homme. Le spectateur devient à son tour aussi mal à l’aise que le protagoniste qui essaye par maintes répétitions de décrire la femme qu’il aime.

LE REFLET

Le reflet, 2005, Beta sp, 15’56 »

«Léonore Baud filme cinq adolescents d’une classe d’handicapés visuels lors d’un cours de gymnastique. (…) Avec une franchise et une maturité étonnantes, ils parlent de leur handicap et expliquent comment ils perçoivent le monde qui les entoure (…). La réalisatrice suit ainsi de façon passionnante la manière dont les protagonistes oublient leur handicap au fil du dialogue et conçoivent leur propre existence au cours du film.»

Christine Bloch
Catalogue des « Visons du Réel », 2006.